Bienvenue sur mon blogue du Tour de l'Abitibi. Je suis impliqué depuis 2008 ans dans l'organisation du Tour et je suis opérateur radio-tour durant les courses. J'espère pouvoir vous informer sur le déroulement des étapes, sur les faits intéressants à relater et sur mes impressions de la course et de tout ce qui l'entoure. Étant assis dans la première voiture derrière le peloton, je suis généralement au fait de tout ce qui se passe durant les étapes. J'écrirai donc ici dans les jours précédent le Tour de l'Abitibi et durant toute la semaine que dure le Tour.

Welcome to my blog featuring the Tour de l'Abitibi. I have been involved with the Tour's organisation since 2008 and am the radio-tour operator. I hope to inform readers on the racing during the different stages, on interesting facts during the race and on my general impressions on the Tour an everything that revolves around it. I will therefore start writing on this blog during the few days before the Tour and for the entire week that the Tour lasts for.



mercredi 17 juin 2015

Le Guide off-Technique chapitre 3 - la météo / The Atechnical Guide part 3 - weather

Le fait que le cyclisme sur route se pratique à l’extérieur contribue à en faire un des sports les plus exigeants. Les conditions météorologiques sont variables, la température peut induire l’hypothermie ou le coup de chaleur, le vent peut être un allié ou un ennemi et les précipitations peuvent compliquer la visibilité, le contrôle du vélo ou encore accentuer les conséquences du froid. Nous profiterons donc de cette tribune pour discuter du sujet favori des québécois : la météo!

Côté météo en Abitibi, tout est possible. Rappelez-vous de ça! Oui, la course se déroule fin juillet, au zénith de l’été « normal », qui n’a de normal que les températures moyennes publiées par Environnement Canada. Disons que la moyenne dans ce cas-ci reflète plutôt le point milieu entre certains extrêmes.

Un peu de tout!
Le climat d’Abitibi est de type « continental tempéré froid », généralement plus sec et froid que celui des régions peuplées le long du fleuve St-Laurent ou des Grands Lacs. Du point de vue des précipitations, bien que les étés et hivers soient qualifiés de « secs », les journées de pluie, les averses ou les orages peuvent survenir à n’importe quelle période de l’été ou de la journée. L’imper doit rester sous la main au cas où.

Une bonne ondée comme on dit!

Ça m'apparaît étanche. Verra-t-on ce look sur le Tour cette année?
Là où on en voit de toutes les couleurs (littéralement), c’est au niveau de la température. Il est plus que probable que, si vous prenez la route 117 à partir de Montréal pour venir à Val-d’Or, vous deviez augmenter graduellement le chauffage dans votre véhicule à mesure que vous approchez de l’Abitibi, surtout le soir! Par contre, les journées de canicules sont tout aussi possibles, avec 30°C, du soleil et un peu d’humidité pour augmenter la sensation de chaleur. Nous passons régulièrement d’une journée à 25-27°C à une nuit à 5°C et un petit matin frisquet. Les anciens vous parleront d’un spectacle du 1er juillet (fête du Canada) à Val-d’Or où April Wine jouait sous les flocons de neige… La beauté, c’est qu’il n’y avait pas de mouches noires ou de moustiques (voir chapitre 1)!

Il peut faire chaud...

Ou froid! Les Tour de l'Abitibi 1979 et 1980 auront peut-être aidé Andy Hampsten à gagner le Giro 1988 sur les pentes légendaires du Gavia.
Bref, apportez des vêtements pour toutes les températures. On a déjà vu des cyclistes s’échanger leurs gants, leurs genouillères ou pire encore pour un contre-la-montre matinal! Pour les accompagnateurs, les gants et la tuque pourraient décidemment servir. À chaque année, on aperçoit le matin quelques membres d’équipes habituées à des climats plus favorables à la vie humaine sortir d’un pas gaillard de la centrale pour figer sur place, retrousser les orteils dans les sandales et faire demi-tour immédiatement pour aller vérifier s’ils ne rêvaient pas! « Il ne faisait pas 27°C hier soir quand je suis allé au lit? » Welcome to Abitibi! Tout est possible je vous dis!

Certains facteurs de type « wildcard » peuvent aussi venir troubler la course. Rappelez-vous 2010 quand, sous une pluie fine, le peloton s’est mis à tomber de tous les côtés et les coureurs à glisser anormalement sur l’asphalte! Une vraie patinoire. Pendant ce temps, le leader du classement général Lachlan Morton tentait de faire comprendre aux commissaires par signaux que quelque chose clochait (avec un accent australien, donc incompréhensible). Le coupable était stationné quelques kilomètres plus loin : un semi-remorque avait explosé un turbo et avait disséminé son huile sur la chaussée sur une distance de plusieurs kilomètres! Nos jeunes pouvaient bien avoir l’air de manquer de talent!

Ça ressemblait à ceci.
D’origine naturelle ou aidé par une cause anthropique, le climat peut bel et bien influencer la course. Préparez-vous à toute éventualité et ça se passera bien. Sinon on vous enverra au Tigre Géant vous acheter une petite laine.

Road cycling is by definition performed outside. This fact contributes to make cycling one of the toughest sports. Weather conditions are highly variable and temperature can induce effects ranging from hypothermia to heat strokes. Wind can be an ally or an enemy, and rain, hail or snow can mess up visibility, hamper bike control or enhance the effect of coldness. This part of the Atechnical Guide will focus on Quebec’s favorite subject: weather!

Weather-wise, always remember that everything is possible in Abitibi. Despite happening in late July during the height of the summer season, normal summer temperature in Abitibi is in fact the middle point between two extremes compiled by the Canadian weather service.

A bit of everything.
The Abitibi “enjoys” a continental cold-temperate climate. It is generally drier and colder than highly populated areas along the St-Lawrence River or the Great Lakes. In terms of precipitations, even if being called “dry”, the Abitibian summer has its share of rainy days, showers or thunderstorms, which can happen at any time of day. Keep the rain gear handy…

A strong shower!

Looks waterproof to me. Who is game enough to sport this look this year?
Temperature swings can be wild. If you drive north from Montreal on highway 117, it is highly probable that you will gradually turn the heat dial towards “red” as you are approaching Abitibi, especially in the evening. However, extreme heat is also possible in the day time, with 85°F and humidity. Often, temperature will drop from a heavenly 80°C in the daytime to a meagre 40°F overnight. It makes for chilly mornings. Elders will remember an outdoor show for Canada Day (July 1st) where April Wine was playing under the snow… The beauty of this is that it was a black fly and mosquito-free evening (see part1)!

It can be warm...

Or cold! Maybe the 1979 and 1980 Tour de l'Abitibi helped Andy Hampsten conquer the 1988 Giro on the legendary slopes of the Gavia.
In essence, bring clothes for every temperature. We have seen riders trade their gloves, knee warmers or even worst on a chilly time trial morning! For staff members, a winter hat and gloves could be useful indeed. Every year, we witness members of teams from parts of the world where temperature is more adequate for human life get out of the headquarters in the morning, stop right in their tracks, curl up their toes in their flip-flops and turn around to hastily get back inside to check if they are not dreaming! “Wasn’t it 80°F yesterday night when I went to bed?” Yup, welcome to Abitibi! Everything is possible I told you!

Other outside factors can pair up with the weather to interfere with the race. Some will remember 2010 when the entire peloton started sliding around abnormally as if asphalt had lost its abrasive properties! Sure, there was a light rain, but the GC leader, Lachlan Morton, was gesticulating towards the head commissaire’s car trying to explain what was wrong (with a thick Australian accent, so no one understood). The culprit was a few clicks down the road: a semi-truck had blown a turbo and sprinkled its oil on the pavement for kilometers. No wonder why the riders had lost any bike handling skills!

It looked like this...
So, either totally of natural origin or helped by man-made machines, the weather will influence the race. Prepare for anything and you should be fine. Otherwise, we will send you to the Giant Tiger where you may find classy warm clothes!

jeudi 11 juin 2015

Le Guide off-Technique, chapitre 2 – les routes d'Abitibi / The Atechnical Guide part 2: Abitibi roads

Si vous êtes cycliste ou accompagnateur, une des premières observations que vous ferez lors de votre arrivée en Abitibi concernera les routes. La course se déroulant sur les routes publiques de l’Abitibi, il est donc naturel d’en faire une brève évaluation en préparation pour la compétition. Je vous propose donc un survol de nos routes, étant moi-même cycliste et ayant parcouru à vélo des dizaines de milliers de kilomètres en Abitibi.

Tout d’abord, évaluons la distribution spatiale. Premièrement, comme le Tour de l’Abitibi se limite aux routes pavées, nous pouvons donc exclure la majorité des chemins forestiers et des rangs de colonisation (laissons Paris-Roubaix aux français et les chemins gravelés cahoteux aux vététistes, vous verrez plus loin que ça va brasser au niveau du guidon et des foufounes quand même). Déjà que la région n’est pas très densément peuplée, cela laisse une variété de parcours possibles assez limitée. Deuxièmement, ajoutez la contrainte des parcours « en étoile » avec retour à la ville hôtesse à presque chaque jour et il ne reste plus beaucoup d’options disponibles. Ceux qui viennent depuis plusieurs années verront donc les mêmes routes, quoique nous essayons de varier un peu pour les étapes se déroulant hors-ville hôtesse, mais ça implique de plus longs déplacements en véhicule avant et après l’étape. Donc avouez que c’est assez prévisible comme parcours. Officiellement, nous laissons planer le mystère chaque année pour dévoiler en grande pompe les parcours lors d’une conférence de presse. Les journalistes n’y voient que du feu ou collaborent à l’illusion de surprise!

C'est pas mal toutes les routes pavées autour de Val-d'Or...
Autre constat à faire lors de votre arrivée en Abitibi : le relief. Ou plutôt le manque de relief. L’Abitibi tire sa topographie de la géologie qui l’a rendue célèbre pour ses mines, soit des roches archéennes vieilles d’environ 2.7 milliards d’années. Ceci implique donc 2.7 milliards d’années d’érosion, que ce soit par l’eau, le vent ou les glaciers. Ça fait beaucoup de rabotage et d’usure! On ne parle pas de plaines saskatchewanaises, il y a quelques bosses ici et là, mais gageons que les colombiens et les européens vont chercher les vraies montagnes et c’est pourquoi ils envoient généralement les plus forts rouleurs et non les micro-grimpeurs. Notre maillot à pois célèbre donc le meilleur « sprinteur de côtes » et non le meilleur « grimpeur », ce qui serait une véritable imposture étant donné nos modestes bosses. Pas besoin de braquets de montagne  non plus. Des plateaux 52x39 et une cassette 11 vitesses 14-24 « straight block » feront l’affaire, si une 14-24 existe…

Relief abitibien.
Le manque de relief permet aussi de construire des routes là où on le désire, sans avoir à éviter des obstacles autres que les lacs et rivières. La colonisation de l’Abitibi est récente (voir chapitre 1). Elle était relativement bien organisée et supervisée en bonne partie par le clergé, outre quelques irréductibles villages dignes d’Astérix tels que l’ancienne agglomération de Roc d’Or, aussi connue sous le nom évocateur de Putainville! Cette organisation a donc donné lieu à des routes qui séparent les rangs et les lots agricoles octroyés aux colons. Elles peuvent être droites, très droites et sur de longues distances! Bonne chance aux échappées pour que le peloton les perde de vue… Le Tour de l’Abitibi compense le manque de relief par les distances parcourues.


Les arpenteurs ont fait du bon travail.
Finalement, une dernière caractéristique routière importante dans une course cycliste est l’état de la surface pavée. C’est ici que ça devient moins reluisant. Disons qu’il y a eu négligence sur l’entretien ou la qualité des fondations des routes durant de nombreuses années et que nous en payons maintenant le prix. Si vous arrivez au Québec par la route de l’Ontario, du Vermont ou de l’état de New-York, vous comprendrez en traversant la frontière. Augmentez le volume de la radio pour couvrir le bruit de roulement et demeurez attentif afin d’éviter les nombreux trous! Les nids de poule et les fissures sont légion. Un effort est fait à chaque année pour boucher les pires précipices sur les parcours des différentes étapes, mais il en restera toujours bien quelques-uns. Un maire a même récemment fait une sortie publique dénonçant l’état de la route de responsabilité provinciale passant dans sa ville. Il juge l’état dangereux même pour les motos! Et nous, on envoie des cyclistes sur des pneus de 23mm de largeur affronter cette route avec une épaisse armure de lycra! Mais ne vous en faites pas, il n’y a jamais de chutes au Tour de l’Abitibi… Sélectionnez tout de même votre matériel en conséquence. N’apportez pas de vélo de cyclo-cross, un vélo régulier avec pneus de 23 ou 25 mm fera l’affaire, mais des fois j’ai un peu peur quand je vois des coureurs s’aligner au départ avec des roues à $5,000 la paire, genre Madfiber ou un autre truc exotique et fragile. Papa doit être riche! Chaque année, nous traversons aussi au moins une zone de construction routière avec surface variable (asphalte « râpée », terre battue ou gravier compacté). Ça met du piquant et comme il n’y a pas d’autre route, on fonce!

Banzaï!
J’espère que cette section du Guide vous aura éclairé sur les routes de l’Abitibi qui vous attendent. Vous ne trouverez pas cette information sur les cartes du Guide Technique officiel. Ride on!


A rider or staff member coming to the Tur de l’Abitibi will inevitably observe the roads when he or she gets here. Since a bike race takes place on public roads, it is therefore a top priority to evaluate the roads before the competition starts. I suggest we review together a few important points about roads in Abitibi. Being a cyclist myself, I road tens of thousands of kilometers on these roads and know a thing or two about them.

First, let’s take a look at the spatial distribution of the roads. Since the Tour only uses paved roads, we automatically eliminate all logging roads and gravel range lines (let’s leave Paris-Roubaix to the French and bumpy gravel roads to mountain bikers, you’ll figure out later that hands and butts will be shaken anyways). Add to this the fact that Abitibi has a small population with few cities, course variety takes a hit. Plus, the concept of a central host-city with most stages leading back to the same place almost every day makes it ever more predictable. We try every year to add variety by including one stage completely outside of the host city, but it automatically implies longer travel times. So, if you take a look at the map, it is fairly easy to predict the possible courses. Every year, we try to keep quiet about the scheduled stages until a press conference where the journalists play their part and look surprised!

That's pretty much our paved roads inventory.

Another interesting feature to observe when arriving in Abitibi is the topography, or the lack of it. Abitibi was made famous by its mines, which are hosted by 2.7 billion years old Archean rocks. This also implies 2.7 billion years of erosion by way of water, wind or glaciers. That’s a lot of sanding and flattening! It’s not Saskatchewan-flat, we have small hills here and there, but Colombians and Europeans usually fail at finding a decent mountain, and that is why they usually send their best rouleurs and not their tiny spider-monkey-like climbers. We do hand a polka-dot jersey, but it is awarded to the best “hill sprinter” and not the best “climber” because it would be an insult to climbers… No need for mountain gears either. Standard 52x39 chainrings and an 11-speed 14-24 straight-block cassette will do, if only a 14-24 cassette existed…

Typical topography.

The lack of topography allows for roads to be put anywhere without having to go around obstacles other than lakes or big rivers. Since Abitibi is a young region (see part 1), development was relatively organized and was supervised by the catholic church, aside from a few decadent villages such as Roc d’Or, aka “Putainville”, which translates literally to the lovely name of Whoretown. The organized development led to roads dividing agricultural and logging lots. Roads are therefore often very, very straight and can be that way for long, long distances. Good luck for breakaways to get out of sight of the peloton… The Tour de l’Abitibi compensates the lack of topography by the distance covered.

Surveyors did a great job!
One last important feature about roads used in a bike race is the quality of the pavement. This is where it becomes a problem. Let’s just say that maintenance was neglected for a number of years and that the road base may have been of less-than-superior quality. Cross the border from Ontario, Vermont or New York into Quebec and you will understand. You will need to turn up the radio volume to cover the road noise and stay focused to avoid driving into gigantic potholes! Cracks and potholes are found about everywhere in Abitibi. We try to fix the worst cracks and fill the deepest holes, but some bad pavement will still be part of the race. One mayor recently went out to the newspapers about the provincial road crossing his town. He said it was even unsafe for motorcycles; imagine Tour de l’Abitibi cyclists on 23mm tires and their thick lycra armor! Don’t worry, there are no crashes at the Tour… But do select your gear accordingly. A cyclo-cross bike is definitely not necessary. A regular bike with 23 or 25mm tires will do fine, but I sometimes fear for a daddy’s wallet when I see a rider with super lightweight $5,000 exotic wheels like Madfiber or else on the start line! Oh, and every year we have to cross a section of roadwork with scraped asphalt, dirt or compacted gravel. Since there is no other road option, we just plow through it.

Banzai!
I hope this part of the Guide will help you prepare for the race. You won’t find this looking at maps in the official Technical Guide. Ride on!

samedi 6 juin 2015

Le Guide off-Technique, chapitre 1 / The Atechnical Guide, part 1

À l’aube du prochain Tour de l’Abitibi, j’ai pensé qu’il serait utile pour nos visiteurs d’en connaître un peu plus sur les particularités de la course et de notre région. Il me fait donc plaisir de vous présenter le « Guide Off-technique » du Tour de l’Abitibi, qui sera diamétralement opposé au réel Guide Technique du Tour à l’intérieur duquel toutes les informations utiles de course sont présentées. Le Guide Off-technique présentera plutôt des sujets occultés du Guide Technique mais qui peuvent quand même avoir leur utilité, en autant que les lecteurs possèdent un esprit critique capable de faire la différence entre le premier et le deuxième degré et qu’ils aient un certain sens de l’humour. Je ne connais pas encore le contenu total du Guide Off-technique, mais en voici la première partie :

Vous êtes coureur cycliste junior, directeur sportif, mécanicien ou soigneur et vous apprenez que ferez partie d’une équipe qui sera du Tour de l’Abitibi en juillet prochain. Super! La réputation de la plus longue course par étapes au monde pour coureurs juniors n’est plus à faire et votre première réaction est d’être très heureux. Après l’euphorie initiale, une première question s’impose : diantre, qu’est-ce que l’Abitibi et où est-ce situé?
Bien visé!

Voici quelques éléments de réponse : L’Abitibi est une région minière du Canada située dans la partie ouest de la province de Québec. On dit souvent que c’est le nord-ouest, du Québec, mais franchement quand on regarde la carte, l’Abitibi est encore située amplement dans la partie sud du Québec! Par contre, si on monte environ 250km de plus vers le nord, exit la civilisation! Certaines personnes disent que le mot Abitibi signifie « là où l’asphalte arrête »… C’est donc le nord-ouest de la majeure partie habitée du Québec. Pour vous situer et pour que vous puissiez évaluer la distance qui vous sépare actuellement de votre maison de l’Abitibi, voici une carte décourageante :
 
C'est encore loin?
Si votre point de chute est Montréal, il vous restera donc environ 520km ou six heures de route vers le nord pour atteindre Val-d’Or, ville-hôtesse du Tour en 2015. Quelques conseils s’imposent :
  •  Apportez-vous de la musique, vous serez hors de portées des stations FM pendant au moins 200km.
  • Prévoyez un lunch ou des collations à moins de vouloir bouffer de l’écorce.
  • Allez à la toilette avant d’atteindre le village de Grand-Remous. Ensuite, ce sera une compétition entre vos fesses, les maringouins et les mouches noires si vous devez faire ça en plein-air.
  • Pendant votre traversée du Parc de la Vérendrye, un territoire généralement inhabité, vous pouvez arrêter au « Domaine », l’unique relais routier. Faites le plein de t-shirts de loup. C’est apparemment la source de cet attribut vestimentaire. Je pourrais vous conseiller une première poutine, mais je ne l’ai jamais essayée au Domaine…
Une fois sortis du Parc de la Vérendrye, vous traverserez le chic village de Louvicourt (attention à la limite de vitesse, quand on vient de faire 3h de route à 100km/h, la première pancarte de 50km/h pourrait échapper à votre attention). Environ 15km plus loin c’est l’encore plus chic hameau de Colombière que vous traverserez. Heureusement, la limite demeure à 90km/h, c’est donc vite passé, ne clignez pas des yeux si vous voulez profiter du paysage. Un dernier 15km et vous atteignez enfin Val-d’Or! Paradis des stationnements à 45 degrés, des pick-ups et des débits de boisson. La légende prétend qu’il y a 46 bars pour une population de 35,000 habitants!

Une fois arrivée en Abitibi, quelques constats s’imposent et pourront rendre votre choc culturel et géographique moins traumatisant. Tout d’abord, la région est jeune. Val-d’Or n’a pas encore 80 ans. Le style de ville minière « Boomtown » est encore bien visible (et le sera encore plus lors de l’étape de Malartic). Ne cherchez pas les traces de Jacques Cartier ou de Champlain ici. Ensuite, la flore est plutôt homogène : épinettes noires, pins gris, bouleaux et peupliers faux-tremble en alternance avec des lacs et des marécages. Répétez. Aussi, vous êtes maintenant en pays francophone. Beaucoup de gens parlent un peu ou beaucoup l’anglais, mais prévoyez quelques phrases clés en français. Si vous lisez ceci, la dernière phrase est donc inutile… Malgré sa population majoritairement blanche, Val-d’Or est étonnamment cosmopolite. Des mineurs de partout en Europe sont venus s’y établir pendant et après la deuxième guerre mondiale : Russie, Pologne, Ukraine, Italie, Belgique, Chine etc. Le dernier boom minier de 2006 à 2012 a aussi amené des immigrants d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Vous croiserez aussi les tout premiers habitants de la région : les autochtones de la nation Anishnabe (ou Algonquine). Ils étaient là bien avant les mineurs des années 40. Et puis, est-ce que je vous ai parlé des maringouins?


Ravito!
Qui osera porter ceci?
Sentez-vous bien à l’aise de visiter Val-d’Or et la région lors de votre séjour. C’est souvent un coin de pays oublié par les touristes. Pas assez glamour, pas de grosse roche avec un trou (quoique nous fassions des trous dans les roches), pas de baleines, pas de montagnes impressionnantes, pas de vignobles, pas de Grand-Prix de F1, trop loin de Montréal… on a déjà entendu toutes les excuses! En Abitibi, nous vivons tout près de la nature, l’accueil est chaleureux et sans prétention. Nous ferons tout ce qui est possible pour rendre votre séjour agréable. Et si c’est une preuve de notre réussite, dites-vous que le Tour de l’Abitibi en sera à sa 47e édition et que de nombreuses équipes y reviennent année après année et qu’elles se tapent un éreintant voyage pour y venir!

Voilà, la première étape de votre Tour de l’Abitibi est complétée : vous êtes maintenant en Abitibi. Pfiou! Si j’avais su que c’était si loin…
Prêt pour le Tour.

In preparation for the next Tour de l’Abitibi, I thought it could be useful for visitors to know a bit more about the race and our region. I am therefore presenting the “Atechnical Guide” of the Tour de l’Abitibi, which will totally differ from the official Technical Guide where all race information is available. The Atechnical Guide will discuss subjects left out of the Technical Guide which could be useful during your stay, as long as you keep an open mind, understand second degree and have a sense of humour. I have no idea what the Atechnical Guide will include, but here is part 1:

You are a junior rider, a coach, a mechanic or a soigneur and you just learned that your team is going to the Tour de l’Abitibi. Great! The world’s longest stage race for juniors has a huge reputation and your first reaction is to be ecstatic! After the initial euphoria, a first question pops up in your mind: What the hell is Abitibi and where is it?
About right.
Here are a few hints: Abitibi is a mining region of Canada located western Quebec. We often say it’s northwestern Quebec, but when looking at a map, there’s plenty more north left farther up! However, drive another 250km and you’re out in the bush. Some people even say that Abitibi means “where pavement ends”… It is therefore the northwestern part of developed Quebec. So you can figure where you’re headed, here’s a discouraging map:
Are we there yet?
If you start your journey in Montreal, you have about 530km or 6 hours to drive up to get to Val-d’Or, this year’s host city. Here are a few advices for your trip:


  • Bring music, you will be out of reach of FM radio stations for at least 200km.
  • Prepare a snack. Unless you like to eat tree bark.
  • Hit the washroom before you cross the village of Grand-Remous. Otherwise, you will soon find out who wins in a contest between you bum and mosquitos if a number two is required out in the open.
  • You will cross the Parc de la Vérendrye, an isolated territory with a single rest area called “le Doamine”. Stop if you desire to stock up on t-shirts with wolves and such. It is the source of this popular clothing trend. You could have your first poutine, but I have not tried it there.
Once you’re out of the Parc de la Verendrye, you will cross the cute village of Louvicourt. Watch out for the speed limit sign. After driving for 3 hours at 100km/h, you might miss the 50km/h sign. Another 15km and you will cross the hamlet of Colombiere. Luckily, speed limit stays at 90km/h, so don’t blink of you want the scenery to sink in. Another 15km and you finally reach Val-d’Or, home of the 45 degree parking space, pick-up trucks and licensed beverage establishments. There is supposedly 46 bars for a population of 35,000.

Once you reach Abitibi, a few observations can ease the cultural and geographic shock. First, this is a young region. Val-d’Or is not 80 years old yet and the typical mining “Boomtown” architecture is still visible and will be even more for the Malartic stage. Don’t look for signs of Jacques Cartier or Champlain here, history buffs. Also, flora is very homogeneous: back spruce, jack pine, birch and poplar alternating with lakes and swamps. Repeat. By the way, you are now in French-speaking country! A lot of people speak English at various levels of fluency, but dust up your French to impress locals:
“Où sont les toilettes?”
“Quelle heure est-il?”
“Qui a gagné la course?”
“Est-ce que je peux boire l’eau de Malartic?”

Despite its largely white population, Val-d’Or is very cosmopolitan. Miners from all over Europe came here during and after WWII: Russians, Poles, Ukrainians, Italians, Belgians, Chinese etc. The latest mining boom from 2006-2012 also brought immigrants from North and West Africa. You will also meet the area’s first inhabitants, the Ansihnabes (or Algonquins). They were here long before the 1940s miners. Did I mention the mosquitos?
Feed zone.

Will we see this outfit this year?
Feel free to visit Abitibi while you’re here. It’s an often overlooked area by tourists: not glamourous enough, not big rock with a hole (although we do poke holes in rocks), no whales, no mountains, no vineyards, no F1 Grand-Prix, too far from Montreal… we’ve heard it all. In Abitibi, we live in proximity with nature, and we greet people with simplicity, honesty and familiarity. We’ll do everything possible to make your stay enjoyable. If we did not do a good job at it, it wouldn’t be the Tour’s 47th running this year, and the same teams would not be coming back year after year despite the tiring journey to get here!

There you go, you just completed the first stage: you are now in Abitibi. Pfeew! Had they told me it was that far…
Ready to race!

dimanche 27 juillet 2014

La fin de la guerre qui n'a pas eu lieu / The end of the war that never materialized


Le Tour de l'Abitibi Desjardins est maintenant terminé pour 2014.  L'édition est ponctuée de nombreux faits saillants et de rebondissements parfois dans des circonstances nébuleuses et malheureuses, comme le changement de maillot brun à l'issue de la 5e étape qui a dépossédé l'américain Will Barta de la tunique de leader du classement général sur une chute à 3.5km de l'arrivée. Des accusations ont été portées vers les français, celles-ci n'ont pas été confirmées par d'autres témoin de la chute, bref, la frustration était palpable chez les américains et on sentait que les danois courraient aussi contre l'équipe de France. La guerre annoncée qui devait se tenir lors des deux dernières étapes n'aura finalement pas eu lieu.

On prévoyait de la casse à la 6e étape, un circuit urbain aux nombreux virages. Les ardeurs auront probablement été refroidies par un orage qui a laissé de nombreuses accumulations d'eau dans les rues localement fripées d'Amos. On se disait donc que les américains attendaient la 7e et dernière étape pour porter un grand coup. Finalement, la 7e étape a été tranquille, les américains n'avaient plus de jambes pour attaquer et les français ont tout bien contrôlé. Au final, on a été servi par un podium d'étape Japon-Colombie-Maroc! Une belle surprise qui ajoute de la variété au palmares 2014.

Bien que la guerre n'ait pas eu lieu, on s'y préparait fermement dans le peloton. La preuve ci-dessous:

The Tour de l'Abitibi Desjardins 2014 is now over. We witnessed many upsets, including some drpaed in controversy, like Will Barta's crash on the 5th stage, when he lost the brown jersey of GC leader 3.5km from the finish. The French were pointed for supposedly causing the crash on purpose, but other witnesses did not confirm that version. Anyhow, the Americans were deeply frustrated and we also felt that Denmark would also start racing aginst France. The war that was awaited for the last two stages finally did not materialize.

The forecast for an action-packed urban circuit for the 6th stage on a twisty course was sidetracked by heavy rain that left deep puddles of water on the locally wrinkled streets of Amos. We then thought that war was postponed to the 7th and last stage and that the Americans were just waiting to start their final assault. It was not the case and we were treated to a somewhat boring stage. The Americans looked tired and the French controlled the race expertly. The stage's podium was a surprising Japan-Colombia-Morocco top three. A nice surprise for the 2014 record book.

Despite the war not happening, riders were well prepared. Proof below:

Frères d'armes! L'application des peintures de guerre / Brothers in arms. War paint application.

L'équipe Race CF peinte en entier au départ de la 7e étape. Probablement celle avec le meilleur esprit d'équipe et l'attitude la plus relaxe. Du bon contrôle de vélo aussi! / Race CF team in full war paint regalia at the start of stage 7. Probably the one with the best team spirit and a welcome relaxed attitude. Good bike control too!

samedi 26 juillet 2014

Voici Daniel / Meet Daniel

L'équipe médicale du Tour a tissé des liens particuliers avec de nombreux coureurs cette semaine étant donné le nombre de chutes. Parfois la langue peut être un obstacle, mais mettre des bandages sur une personne doit tout de même contribuer à briser la glace entre deux personnes.

Daniel Yakushevich, originaire de Tucson en Arizona, est maintenant un des clients favoris de l'équipe médicale. Son sens de l'humour est apprécié lors de ses passages pour changer ses pansements. Comment en est-il arrivé là? Tout a commencé lorsque Daniel remontait les voitures dans la caravane après avoir dû s'arrêter pour un changement de roue à la suite d'une crevaison. Il était à la hauteur de la voiture du médecin, dans l'aspiration de cette dernière, à quelques centimètres du pare-choc arrière. Une nouvelle chute s'est produite au peloton, provoquant l'arrêt brusque de la voiture précédent celle du médical, la voiture du médical freinant aussi brusquement. Daniel devait avoir la tête dans le guidon ou ailleurs car il ne s'est pas esquivé et a percuté la voiture médicale de plein fouet. Voilà pourquoi il possède maintenant un bandage identifié "Nissan bumper"!

L'équipe du médical tient aussi à saluer sur ce blogue le coureur qu'elle surnomme "Princess". Voilà, c'est fait et il se reconnaîtra sûrement!

Voici d'autres photos de notre équipe médicale en action. Il en ont eu pour leur argent cette semaine. Des 165 coureurs partant, il en restait 137 au départ de la 6e étape aujourd'hui. On en aura perdu quelques autres aujourd'hui arrivés hors-délai. Pas de casse aujourd'hui heureusement.

The Tour's medical crew is getting to know many riders very well this week due to the high number of crashes. Sometimes, language can be a barrier, but I guess treating someone else's wounds contributes to breaking the ice betrween two persons.

Daniel Yakushevich is from Tucson Arizona. He became one of the regular fixtures at the medical room this week. How did he get there? Everyting started when Daniel was making his way back through the caravan of cars after changing a wheel due to a puncture. He was right behind the medical car, a few centimeters from the rear bumper taking the draft waiting to jump to the next car. That's when a crash occurred in the peloton. The car in front of the medical car stopped abruptly, then did the medical car itself. Daniel had is head down or was looking elsewhere, because he did not swerve out of the car's draft and hit its rear bumper. This is what explains his bandage labeled "Nissan bumper"!

The medical team wishes to salute on this blog the rider they nicknamed "Princess". There you go, he shold know we're talking about him.

Here are a few more pics of the medical team in action. They were kept very busy all week long. Out of the 165 riders starting the Tour on Tuesday, only 137 were left at the start of today's stage and we lost a few more to the time cut. Thank God, no serious crash today.

Le médical dans le feu de l'action / Medical team member in action

Coureurs se faisant soigner / Riders being attended to

L'équipe médicale trouve quand même le temps d'utiliser son imagination à faire des coups plates. Un coureur a oublié son téléphone cellulaire dans la salle du médical. En un tournemain, le téléphone s,Est transformé en gros pansement  bien serré avec en prime deux condoms! L'histoire ne dit pas encore combien de temps fut nécessaire pour déballer le téléphone / The medical team still finds enough time to play pranks. An unfortunate rider forgot his cell phone in the medical room. It was turned instantly into a giant bandage holding two condoms! We still don't know if the rider is finished opening up his cell-phone bandage.

 La victime et ses bourreaux / The victim and his bullies

Un autre coup pendable du médical. Il s'agit du lit du directeur technique du Tour. Qu'est-ce qui se cache sous l'emballage? Surprise! / Another prank from the medical team. This is the Tour's technical director's bed. What hides beneath the paper? Surprise!



vendredi 25 juillet 2014

L'asphalte / Asphalt

Attrait touristique numéro un / Number one tourist attraction

Tout observateur néophyte du cyclisme pourrait croire que les coureurs du Tour de l'Abitibi ont un appétit insatiable pour l'asphalte. Soyons clairs, on ne parle pas d'avaler 600km en une semaine ici mais plutôt de visiter la dite asphalte de près à vitesse élevée et de se relever pour ensuite possiblement revisiter la surface abrasive en question.

Les chutes font partie des courses de vélo. L'aspect spectaculaire est bien réel, mais le bruit et les images de chutes donnent plutôt froid dans le dos. Pour l'avoir déjà fait moi-même, la visite de l'asphalte à haute vitesse protégé seulement d'une mince couche de Lycra peut être vraiment douloureuse et lourde de conséquences. La tête est peut-être protégée d'un casque, mais les commotions cérébrales communes à de nombreux sports guettent quand même les cyclistes. Les os peuvent aussi céder et la fracture de la clavicule est très commune. Le bras opposé tenant l'épaule ne ment habituellement pas. Le niveau de sanguignolence atteint toutefois son paroxysme avec les nombreuses abrasions générées par notre vedette, l'asphalte. Les cyclistes ont de nombreuses façons d'appeler les plaies rouges, comme pizza, chip au barbecue etc.

La plaie elle-même n'est généralement pas si grave, mais elle peut vous empêcher de dormir sur votre côté favori, coller dans les draps ou suinter de pus... Imaginez le plaisir renouvelé si on chute à nouveau sur une plaie encore fraîche!

Cette semaine, le service médical bat des records d'assistance. On dira qu'une attraction touristique en amène une autre!

Bel exemple / A fine example

All new observers of cycling could think that cyclists from the Tour de l'Abitibi have an insatiable appetite for asphalt. Let's be clear here, we're not talking about 600km of racing in one week but about visiting the asphalt at high velocity for getting back up and possibly re-visiting the abrasive surface later on.

Crashes are part of cycling. The spectacular aspect of crashes is real, but the soudtrack and the images are scary enough. For having crashed myself, I can say that visiting the asphalt at high speed protected by a mighty layer of Lycra can be a painful experience and have serious consequences. The head might be protected by a helmet, but concussions are a risk like in so many other sports. Bone can give too, and the ever common collarbone fracture is always looming. The opposite arm clutching a shoulder is hint of a collarbone fracture. However, the level of gore goes to 11 with road rash, courtesy of our asphalt friend. Cyclists nickname their rashes, calling them pizzas, BBQ chips etc.

The rash itself is generally not life threatening, but it will hinder from sleeping on your favorite side, it will stick to your sheets or leak pus... Just imagine the feeling of crashing again on a fresh rash!

This week, our medical service beats assistance records. One attraction benefits the other!

jeudi 24 juillet 2014

Images tardives / Late night photos

Une des attractions principales du Tour de l'Abitibi est définitivement le salon VIP. Nul besoin d'être une personne très importante pour y entrer, c'est le rendez-vous des bénévoles, directeurs d'équipes, mécaniciens et soigneurs. De longues heures y sont passées chaque soir afin de discuter d'enjeux vitaux pour le bon déroulement de la course jusqu'aux petites heures du matin. Évidemment, les longues discussions nécessitent une bonne hydratation et l'organisation veille à ce que tous soient constamment ravitaillés.

Ceci donne lieu à l'occasion à des soirées enlevantes, comme celle d'hier où un tournoi de bière-pong fut organisé. Voici une série de clichés illustrant l'évolution de la soirée. Heureusement, tous ont généralement un éclair de lucidité pour décider d'aller se reposer en vue du contre-la-montre du lendemain matin. Le réveil à 6h30 peut être quelque peu difficile parfois...

One of the main attractions at the Tour de l'Abitibi is definitely the VIP lounge. No need to be a very important person to get in, it is the daily rendezz-vous of volunteers, team managers, mechanics and soigneurs. People spend long hours there discussing top-priority race topics until the wee morning hours. Obviously, long discussions imply excellent hydration and the organization takes pride in providing constant feed.

Occasionally, evenings get action-packed like yesterday's beer-pong tournament. Here are a few pictures illustrating the evolution through the night. Fortunately, people usually realize they need to get some rest as the morning time trial is approaching fast. The 6:30am alarm may feel a bit too early for some...


Le tournoi peut commencer. Il est déjà presque 1h du mat'... / The tournament is open. It is almost 1am already...

Un maître de cérémonie professionnel ajoute de la crédibilité à la soirée / A professional MC always adds credibility to the mix

 Une arène de jeu officielle. Probablement la pire photo à vie de Karine Bédard. L'outil "rogner" aurait pu être utile... / An official pong court. Most probably Karine Bedard's worst picture ever. The "crop" tool could have been useful...

Sûrement un lancer victorieux / After a goal


 Un contre-la-quoi demain matin? Tu veux rire, non? / What do you mean by time trial. Tomorrow morning, you must be kidding, right?

Avoir du visou à 1h44 du mat', un tout autre concept... / Aiming at 1:44am is a brand new game...